Que retenir du Web11?

Les trois jours du salon LeWeb11 se sont terminés il y a près d’une semaine, laissant le temps aux idées et aux impressions de reposer.

A partir des conférences, workshops observés, rencontres réalisées et discussions menées, que retenir de ce salon ? Quelles tendances dégager à partir des impressions ?

Le mieux est peut-être de repartir du thème central du Web11 : SoLoMo – Social Local Mobile.

La mutation à venir du Social

Crédits : @Kmron

L’idée faisait son chemin depuis quelques temps et George Colony de Forrester l’a affirmé franchement : il y a aujourd’hui une saturation de la « consommation » des réseaux sociaux dans les pays occidentaux et la prolifération de start-ups proposant un n-ième réseau social témoigne peut-être d’une nouvelle bulle.

Quel avenir alors pour ce phénomène et où ? Selon plusieurs analyses, la croissance est à aller chercher dans les entreprises. En effet, ces dernières le maîtrisent encore peu et sont sujettes à des maladresses conduisant à des crises. « Is your business ready ? » demande Jeremiah Owyang. La réponse est généralement négative. Comment les entreprises peuvent-elles profiter du phénomène et tirer les bénéfices du social CRM ?

  • devenir des entreprises sociales, en définissant une stratégie et des attentes claires, en misant sur des équipes dédiées, puis déterminant des organisations plus souples et enfin  généralisant la formation au social auprès de ses employés (comme le montre Jeremiah Owyang dans ce set de slides); un exercice de transformation  digitale profonde, nécessitant une approche par étape et un accompagnement.

  • exploiter la masse d’information disponible au niveau de réseaux sociaux, big data social, pour comprendre les clients : les expérimentations de Deb Roy de Bluefin Labs permettant de visualiser quasiment en temps réel les réactions de toute la twittosphère à une émission de télévision ou une publicité donnée permettent de dépasser l’étude marketing par carrotage

Le Local par défaut

C’est le volet un peu décevant du forum. A l’exception de l’annonce de la géolocalisation en intérieur par Marissa Mayer de Google, aucune autre information concernant le local ne semble sortir du lot. La fonctionnalité de géolocalisation, tout comme la prise de photo ou encore le partage sur les réseaux sociaux est banalisée et peut être considérée quasiment comme par défaut pour toute application mobile interactive. En témoigne la stratégie de diversification présentée par Dennis Crowley, fondateur de Foursquare – sa société n’est plus un simple service de check-in mais est désormais un moteur de recommandation et se dirige vers le marché des guides urbains comme Yelp.

Le local deviendra-t-il demain qu’un élément de contexte d’une action parmi d’autres, capturé  par défaut et de manière transparente – comme peut être l’heure aujourd’hui? Il restera un élément de contexte clef pour le commerce de proximité et les informations locales mais qu’en est-il pour les autres?

Le mobile, « réponse n°1 à toutes les questions » (E. Schmidt)

Crédits : @Kmron

Le mobile devient le canal prioritaire, pour certains majoritaire (eBay, Google Maps) et pour d’autres exclusif. Après des centaines de milliers d’apps publiées sur les différents app stores et des milliards de téléchargements, quelques règles semblent se dégager :

  • La maturité des utilisateurs de smartphones a fortement augmenté, les attentes évoluant plus vite que la technologie, que ce soit en termes de fonctionnalités ou design ; plus de place désormais pour des applis « mee too » ou vitrine sans objectif précis
  • La qualité de l’application devient l’élément différenciant – loin des premiers jours où un prix bas ou la gratuité pouvaient être la clef du succès ; une obsession croissante du contrôle de l’expérience utilisateur empêche un certain nombre de développeurs de basculer vers Android avec sa multitude de téléphones

Un aspect a été peu souligné durant le salon (du moins dans les conférences et workshops que j’ai pu observer) – la communication croissante du mobile avec les autres objets et son rôle de hub :

  • avec d’autres objets au travers une connectique aussi simple que la prise Jack comme par exemple le lecteur de cartes de crédit Square  ou encore des devices de self tracking, comme le bracelet Up de Jawbone.

Square (gauche) et Up by Jawbone (droite)

Que sera l’après-tactile ?

Parmi les différents objets présentés aux stands du salon et les différents outils utilisés pour les animations, on remarque bien entendu les dernières innovations en termes d’objets tactiles (tablettes, table surface…) mais aussi des solutions de contrôle différentes, vocales et gestuelles. Le contrôle vocal est une technologie en projet depuis longtemps et en progrès constant mais semble désormais se généraliser, comme en témoigne Siri sur l’iPhone 4S ou encore les contrôles vocaux sur R-link, la tablette embarquée présenté par Renault.
Concernant le gestuel, les détournements possibles envisagés par Microsoft pour sa Kinect étaient déjà partiellement mis en œuvre au stand voisin. On peut difficilement imaginer toutes les applications qu’une mise en œuvre industrialisée du contrôle gestuel nous permettrait… Minority Report n’est plus qu’à un pas !

Enfin, si le contrôle gestuel vous paraît trop commun, on peut envisager le contrôle… par la pensée. C’est ce qu’a proposé Ariel Garten d’Interaxon (dans une version assez primitive, certes) – contrôler une app sur iPad grâce à sa concentration ou sa relaxation :

Le nouvel écosystème est un jeu de plateformes

Le phénomène de « plateformisation », thème du Web10, continue. Cette tedance à utiliser l’environnement que l’on contrôle comme plateforme en l’ouvrant aux développeurs tiers (particulièrement bien illustré avec l’écosystème iOS-App Store ou encore Facebook) gagne de nouveaux domaines :

  • En musique, Spotify ( )a ouvert ses portes aux premières applis s’appuyant sur les playlists que l’on y détient, sur la musique écoutée, le graphe social; Songkick propose par exemple les concerts des artistes que vous écoutez le plus
  • Dans le retail, eBay a occupé un grand stand pour présent XCommerce, sa plateforme de e ou plutôt m-commerce, constituée avec soin depuis 2-3 ans par des acquisitions (Paypal, Zong pour les paiements en ligne et par mobile, Magento pour la création de e-boutiques…) ; cette plateforme est désormais ouverte aux développeurs tiers souhaitant développer des modules ou applications que les commerçants pourront intégrer dans leurs sites, comme par exemple la gestion de catalogue…)

Des pas vers l’e-démocratie

Comme Eric Schmidt l’indiquait dans sa discussion avec Loic Le Meur, la démocratisation des mobiles et du web crée chez les citoyens de nouvelles attentes et l’impact des réseaux sociaux dans les mouvements politiques récents n’est plus à souligner.
Des démarches présentées au Web11 peuvent permettre aux États d’adopter une démarche proactive de transparence et d’écoute des citoyens.

  • une analyse du big data social, comme ce qu’avait présenté Deb Roy, que ce soit pour la révolution égyptienne, mettant en évidence le décalage entre la perception des médias et les demandes populaires ou pour les débats des primaires républicaines aux États-Unis, capturant en temps réel les réactions aux propositions.

Le mot de la fin. 

LeWeb11 a été une découverte passionante pour moi et j’espère pouvoir y retourner l’année prochaine. Quel pourrait être le thème du prochain Web? Les nouveaux écrans? Le quantified self?

Crédits : Jess3

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