LeWeb 11 : bilan du 2e jour

La deuxième journée du salon LeWeb s’est déroulée hier. Voici quelques idées et impressions suite aux différentes conférences, workshops et rencontres.

Le sujet « Social » du SoLoMo, thème du salon, a été largement abordé durant la journée et notamment ses aspects pour les entreprises ; plusieurs speakers se sont attelés à la tâche sous des angles différents.

Le social au-delà du réseau social classique

Chris Capossela de Microsoft, venu initialement vanter les mérites de Windows 8 et Windows Phone a souligné que le social ne se réduisait pas aux réseaux sociaux de type Facebook et Google+ mais allait vers tout élément permettant à une communauté d’interagir et de communiquer – comme les utilisateurs de Xbox Live ou encore ceux de Skype. Cependant le SVP de Microsoft n’a pas été capable de clairement expliquer (au-delà de la présence de Xbox live sur Windows Phone), quel intérêt ces communautés représentaient pour son entreprise et ce qu’ils comptaient en faire.

Les réseaux sociaux n’ont pas d’avenir

… de croissance telle qu’ils l’ont connu jusque là dans leur état actuel, explique Georges Colony, PDG de Forrester dans sa présentation « Three Social Thunderstorms ». Il s’appuie sur un constat déjà palpable de saturation en termes d’usage des réseaux sociaux dans les pays développés et les grandes villes des pays en développement : taux de pénétration suppérieurs à 70-80% avec un temps d’usage celui consacré au sport, à la prière et plus très loin du temps consacré au shopping ou celui passé avec les enfants.

Bien que l’analyse pour les pays développés est assez naturelle (il suffit pour cela regarder le nombre d’utilisateurs stagnant ou diminuant de Facebook dans les pays développés), c’est plus difficilement acceptable pour les pays en développement qui possèdent la majeure réserve de la population mondiale, encore peu connecté à Internet (des études montrent par ailleurs que les internautes des pays en développement sont proportionnellement plus gourmands des réseaux sociaux).

« Nous sommes en 2000 pour le social » dit George Colony, la bulle va inévitablement éclater et avec elle de nombreuses start-up ; une génération de « survivants », des POSO, start-ups post-sociales vont façonner le paysage. L’avenir pour ces POSO n’est pas dans le « consumer » mais dans le « corporate » où le social est encore peu développé.

Remonter la pyramide du social

L’usage du social peu développé et peu maîtrisé, c’est bien ce que regrette Jeremiah Owyang, expert reconnu du social (anciennement Forrester, désormais Altimeter) Son constat est simple : les entreprises plongent dans le social sans être préparées et organisées (1 employé sur 200-300 utilise des réseaux sociaux à des fins professionnelles), ce qui multiplie les crises (lien slideshare) et les amène dans le piège du « social sanitation », consistant à réagir à tout prix sans avoir de stratégie claire – céder facilement aux clients mécontents sur twitter ne fait que les renforcer dans une expression négative vis-à-vis de l’entreprise et est dommageable à terme.

La solution selon lui est d’avoir une réflexion sur la stratégie vis-à-vis des réseaux et surtout de mettre en place une organisation cohérente avec cette stratégie et les besoins de l’entreprise (ce qui n’est pas sans me rappeler le « comment » la matrice de la transformation digitale Capgemini Consulting – MIT). Il propose une formalisation par analogie avec la pyramide de Maslow de ces besoins et des organisations associées (centralisée, décentralisée, holistique…). C’est à la dernière étape et avec une gestion holistique du social  (employés formés, « empowered ») que l’entreprise aura développé une connaissance et une relation avec les clients au point de pouvoir réellement prédire ses besoins ; ce jour-là, dit Jeremiah, la publicité aura disparu puisqu’elle n’aura plus de sens.

 


Mais pour en arriver là, un outillage et une gestion de grandes quantités de données sont nécessaires.

Le big data, l’avenir du traitement du social ?
Ce besoin est adressé par Deb Roy du MIT et de Bluefin Labs. Sa société analyse d’une part les émissions diffusées à la télévision et d’autre part les échanges qui ont lieu sur les réseaux sociaux concernant ces émissions grâce à des outils de datamining (« le mapping du génome de la TV »), déterminant les réactions aux différents aspects de l’émission mais également les profils des spectateurs – une mine d’or pour les annonceurs mais également pour les chaînes de télévision qui peuvent analyser en détail la perception de leurs émissions.

Les puissants outils de datamining et de visualisation dont dispose Bluefin leur permettent de visualiser les réactions à des parties de discours et la propagation des remarques d’une nation entière, illustré sur l’exemple du discours de l’Etat de la Nation du Président Obama. De là à imaginer dans un futur proche un dirigeant dialoguant avec l’ensemble de la nation en temps réel, il n’y a qu’un pas…

Le sésame de la prédiction
Pour beaucoup de spécialistes, qu’ils soient experts du social, fournisseurs de enterprise software, chercheurs pointent dans la direction de la prévision et de l’anticipation des besoins des clients en entreprise. « Le verbe du client n’est plus au passé mais au futur », indiquel le Chief Scientist de Salesforce.com. Bien que les outils de Business Intelligence essaient de traiter ce sujet depuis des années, l’arrivée de données massives issues du social et de nouveaux outils de data mining, de visualisation permettent de voir l’horizon du possible se rapprocher.

Un peu de science fiction
La journée à vu, en parallèle des problématiques du social, défiler quelques expériences surprenantes. À commencer par Deb Roy qui a présenté une étude la naissance du language sur la base d’analyse de téra octets de vidéos de son fils. Ariel Garten de Interaxon a présenté un bandeau permettant de contrôler un jeu avec les ondes électro-magnétiques du cerveau,  Joseph Tane a traversé le Japon en courant, tout en étant couvert d’ordinateurs, capteurs et iPhones.


Plus de détail dans la synthèse du salon!

 

 

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2 commentaires pour LeWeb 11 : bilan du 2e jour

  1. technostrat dit :

    Il paraît que l’OS Windows Phone sur le Nokia Lumia est d’enfer et prend un coup d’avance par rapport à Android et iOS. Tu confirmes ?

    • Andrei Lorman dit :

      L’interface est intéressante, très différente de l’approchd iOS / Android. Ils ont fait un effort de désiloïsation pour les principales apps (calendrier, social…) pour l’intégrer vraiment dans l’OS (un peu comme ICS).
      Difficile de dire si c’est un coup d’avance, car très différent. Par contre en termes d’intérêt pour la plateforme des développeurs, c’est pas gagné (du tout). Ils vont probablement profiter de l’ouverture de Windows 8 aux développeurs avec un revenue share très favorable pour les attirer également vers Windows Phone.

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