Réseau sociaux: Créez des communautés intelligentes

La Sagesse des foules est un livre écrit par James Surowiecki, publié en 2004, traduit en français en 2008, à propos de l’agrégation de l’information dans les groupes, résultant en décisions qui, selon l’auteur, sont souvent meilleures que celles d’individus isolés du groupe [Wikipédia].

Pour illustrer cette thèse, James Surowiecki cite l’anecdote suivante : En 1906, à l’occasion d’un marché de bétail, la foule a été invité à parier sur le poids d’un boeuf exposé aux yeux de tous. Alors que les experts avaient faits de même, il s’est averé que la moyenne des paris de la foule était plus proche du poids réel du boeuf que les estimations des experts. Dans cette exemple, l’intelligence collective de la foule a primé sur la connaissance des experts.

Cette approche sociologique est très intéressante à appliquer aux plateformes sociales et permet de tirer quelques enseignements en faisant le parallèle entre foule et communauté.

James Surowiecki souligne que l’intelligence de la foule/communauté ne s’exprime que sous certaines conditions (vous vous en étiez sans doute rendu compte !) . Pour qu’une communauté soit « intelligente », elle doit respecter les conditions suivantes :

  • Il existe une variété d’opinions et de personnalités. Par ailleurs différentes spécialités y sont représentées, ce qui permet d’apporter des éclairages différents sur une problématique
  • Il y’a indépendance entre les participants
  • Il existe un moyen technique d’aboutir à un point de vue collectif (votes/notations, influence de certain membre, ..)

A partir de ces conditions, il est possible de tirer quelques règles à respecter pour tirer le maximum de vos communautés (voir Teampark par Sogeti, p27)

  • Les collaborateurs rassemblés au sein d’une même communauté doivent représenter différents secteurs de l’entreprise. Il faut éviter autant que possible que les communautés reprennent strictement l’organisation physique.
  • L’indépendance des avis est mise en danger par une hiérarchie forte sur la plateforme sociale. Il est donc préférable de libérer au maximum les collaborateurs du poids hiérarchique pour faciliter l’expression. Ce constat est d’autant plus valable que les expériences ont montré que les contributeurs se modèrent d’eux même sur les réseaux sociaux professionnels.
  • Par ailleurs, il faut que le système retenu permette de résumer les discutions et d’en extraire facilement la valeur. 2 systèmes classique permettent cela  :
    • Un système de vote des collaborateurs pour les contributions les plus intéressantes (comme vous le trouverez sur ce blog)
    • Une page présentant les contributions (et les contributeurs) qui ont apportés de la valeur

Au final, cette étude sociologique nous indique que les communautés qui créeront de la valeur seront libres et riches en points de vues donc en opposition.

La contrainte et un management modérateur forts n’aboutiront pas au résultat escomptés. Au contraire, les décideurs devront plutôt favoriser (et rendre possible !) la création libre de communautés, aux sein desquelles tout un chacun pourra participer.

Cette liberté n’est bien entendu pas à mettre en contradiction avec un accompagnement fort du management, élément sine quannone à la mise en place d’un réseau social dans l’entreprise.

A propos Pierre-Antoine Glandier

Consultant en management et diplomé de Telecom Paristech, je suis passionné de Nouvelles Technologies
Cet article, publié dans entreprise 2.0, Réseaux sociaux, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s